« Ce n’est pas une jolie jupe qui va me faire passer une bonne soirée, c’est d’être avec mes amis. » Elle est comme ça Avril Gau : franche et sans prétention. En quête de beauté, mais de liberté aussi. Ne pas s’encombrer, aller à l’essentiel. Ses chaussures et ses sacs sont à son image : une alliance d’esthétique et de fonctionnel qui ne craint pas le décalage. Ses talons – 7,5 cm maximum – sont pensés pour marcher, ce qui n’exclut pas une dose de glam’ vintage pour celle qui aime Adriano Celentano comme Philippe Katerine. 

Avril Gau est née et a grandi entre le Vercors et la Provence, dans une famille d’originaux. De sa mère secrétaire-comptable dotée d’un grand sens esthétique, elle a hérité l’exigence. Son père, ancien agriculteur et facteur, lui a transmis le goût de la difficulté : « Je suis fille de paysan. Quand c’est trop facile, ça ne m’intéresse pas. » Une pugnacité qui a trouvé dans la chaussure un défi à sa mesure : peu de créateurs savent encore sculpter une forme, un bout, un talon, dessiner et patronner. Avril Gau a appris chaque étape de fabrication à l’AFPIC, formation parisienne de référence pour le métier de chausseur. Elle aime viser l’utile, créer dans la contrainte, se plier aux impératifs techniques. Ses clientes lui ressemblent : « Des femmes qui réfléchissent à leur façon de vivre, qui sont actives et affirmées. »